Alors que le Festival de Cannes ouvre sa 79e édition, les Archives municipales révèlent un document insolite, témoin du lien qui unit Cannes au cinéma : le scénario du film La Cité de la peur, une comédie culte réalisée par Alain Berbérian (1994).


Extrait du scénario du film « La Cité de la peur »
Archives municipales de Cannes, 43W493
« La Cité de la peur », un film qui a marqué toute une génération
Réalisée par Alain Berbérian, cette comédie de l’équipe des Nuls a été tournée en partie à Cannes à la fin de l’été 1993. Le film, une parodie des films d’horreur, véritable hommage au cinéma populaire, a rencontré un vif succès auprès du public. Il faut dire que les principaux interprètes, Chantal Lauby, Alain Chabat, Dominique Farrugia et Gérard Darmon, entre autres, livrent un jeu d’acteurs hilarant. Comment oublier la fameuse « Carioca » ?
L’histoire nous entraine dans les années 1990 en plein Festival de Cannes. Les projectionnistes d’un mauvais film d’horreur nommé Read is Dead sont assassinés successivement par un mystérieux tueur armé d’un marteau et d’une faucille comme dans le film. L’attachée de presse, Odile Deray (interprétée par Chantal Lauby), comprend rapidement l’intérêt de ces meurtres pour la notoriété du film, elle fait venir l'acteur principal, Simon Jérémi (Dominique Farrugia), et engage un garde du corps, Serge Karamazov (Alain Chabat). Le commissaire Bialès (Gérard Darmon) est chargé d'enquêter sur ces meurtres.
Comme l’action du film se déroule pendant le Festival de Cannes, la production envisage d’en reconstituer l’ambiance et le décorum. Aussi, elle dépose un dossier de demande d’autorisation de tournage auprès de la Mairie de Cannes, démarche administrative préalable obligatoire pour trouver dans la ville. La Mairie de Cannes donne son accord mais pose certaines conditions pour garantir la sécurité et la fluidité de la circulation dans les rues de la ville. Au fil des documents administratifs, en particulier de la correspondance échangée entre la société de production Téléma et la Mairie de Cannes, les moyens mis en place ainsi que la logistique déployée se dévoilent avec force détails.

« 25 ans de la Cité de la peur », Cannes Soleil, n° mai 2019
Archives municipales de Cannes, PER10
Cannes, lieu de tournage à ciel ouvert
« La Cité de la peur » illustre parfaitement l’attrait de Cannes pour les tournages de films. En choisissant Cannes comme décor, Alain Berbérian a rejoint une longue lignée de réalisateurs qui, avant lui, ont transformé la ville en un plateau de cinéma. Comme « La main au collet » (Alfred Hitchcock, 1955) ou « Mélodie en sous-sol » (Henri Verneuil, 1963), ce film a su capter l’essence de Cannes, où chaque rue, chaque plage et chaque bâtiment devient une toile de fond pour des histoires inoubliables.
Après avoir débuté à Paris le 5 juillet 1993, l’équipe de la « Cité de la peur » s’installe à Cannes dès le 20 août pour quatre semaines de tournage. Quelques plans sont même réalisés pendant le Festival en mai 1993 pour plus de réalisme. Le tournage mobilise une logistique conséquente pour la Ville en termes de sécurité et de gestion de la circulation, véritable défi en pleine période estivale ! En effet, de nombreuses prises de vues se déroulent en extérieur et intérieur, de nuit et de jour dans la rue d’Antibes, le boulevard de la Croisette, dans des commerces mais également sur les marches du palais depuis l’esplanade Georges Pompidou. D’ailleurs, la réalisation de certains plans nécessite un déploiement technique important : une grande nacelle de 30m installée pour fixer des projecteurs sur le toit du palais ainsi qu’une tour de 8m avec projecteurs pour le tournage du soir.
D’autres prises de vues sur l’esplanade des Alliés, dans le hall d’entrée de l’hôtel Martinez ou au cinéma Les Arcades, nécessitent la mobilisation des sapeurs-pompiers de Cannes pour assurer le tournage avec un « effet pluie ».
Afin de ne pas entraver la circulation en cette forte période d’affluence touristique, la ville réserve des stationnements pour les véhicules techniques. Toute cette logistique intègre également un évènement majeur pour la ville : le 24 août et ses commémorations de la Libération de Cannes avec en soirée, le traditionnel feu d’artifice. Par conséquent, seules les prises de vues en intérieur sont possibles ce jour-là.
Mais le résultat est là et pour les Cannois et les visiteurs, ces tournages offrent l’opportunité de vivre le cinéma au quotidien, dans une ville où chaque lieu devient une scène de cinéma !
Pour aller plus loin :
- BH 220 L’âge d’or du cinéma en Provence
- 93W – fonds dédiés au festival du film
- 1W – fonds dédiés aux tournages
Consultez notre base de données Fonds d'archives

