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Monique Bonduelle

Les mots de Cannes

C'était quel jour le premier ?
Celui qui n’allait pas être le dernier.
Quel temps faisait-il ce jour-là ?
Où le soleil tout éclaira
Du Suquet somptueux,
Si majestueux,
Aux Allées Félix Faure,
Toutes en Technicolor.

Oui là-bas vivre ensemble
Au Pays qui te ressemble.
On ne se doutait pas du lendemain
Qui jamais n'aurait dû être demain.
Le ciel quitta son voile bleu,
C'était scandaleux,
Mystérieux
Et nous étions tous silencieux
Sous nos cieux prestigieux.
Nous apprenions la Nouvelle,
Elle était irréelle,
Mouvante,

Étouffante,
Mais vivante.

Nous étions tous confinés,
Nous n'étions pas habitués,
Liberté…
Après nos images dorées,
Il fallait être enfermé.
Tout était irréel,
Pas du tout habituel.
La lumière manqua aux âmes,
C’était devenu un blâme
De Respirer
D'espérer.
On se refusa au pire,
Nous étions libres
De vouloir vivre !
Alors on prit conscience,
Avec une grande espérance
Des autres,
Des plus pauvres,
Des plus démunis,
Pour rester unis.
On apprit mille choses,
Mille métamorphoses.
Au détour du petit chemin
Qui sentait le jasmin
On se croisait,
Personne ne se souriait,
On devenait des inconnus,
Des êtres incongrus.
Dans un monde si soudain
Que l'on croyait sans lendemain
Et pourtant on rêvait…
Cela nous réveillait,
Cela nous rassurait,
Et puis une petite lumière arriva.
Elle était si douce,
Un peu farouche
Mais il fallut l'apprivoiser,
Surtout l'aimer
Comme une mélodie sans fin
Le temps n’était plus assassin,
Peut-être un peu de Divin
Pour revivre chaque matin.