Prévention des risques majeurs« Il faut limiter le risque mais comprendre que le risque zéro n’existe pas. »


Après les intempéries, le Maire de Cannes est allé sur le terrain inspecter les vallons, qui font l’objet d’un grand Plan lancé dès son élection.


Vous êtes à l’origine de la coopération intercommunale instaurée pour prévenir les risques majeurs. Quelles sont les premières actions entreprises ?

David Lisnard :

Il faut que nous sortions des intempéries et des difficultés plus intelligents et mieux organisés. J’avais lancé dès le lendemain de mon élection, bien avant la tragédie du 3 octobre, une politique de prévention aux risques majeurs, avec une élue dédiée à cela, et un responsable administratif. Nous avions d’ailleurs fait un exercice un an avant le drame, qui nous a servi.

Il faut limiter le risque mais comprendre que le risque zéro n’existe pas. Et apprendre à vivre avec. Il y a le risque inondations. Nous devons encore progresser dans sa prévention mais aussi dans sa gestion. J’ai refusé de signer des permis de construire récemment parce que je veux qu’il y ait une vraie démonstration, au-delà du règlementaire, sur la gestion et la circulation des eaux en cas de fortes pluies.

Mais il faut être lucides, il y aura d’autres inondations malgré les efforts que nous avons déjà engagés, y compris avec les villes voisines, pour définir des plans de protection et d’aménagement des sites sensibles comme les secteurs de République, de la Frayère, du Camp Long, du Riou etc. Nous devrons alors savoir mieux y faire face.

Il y a le risque sismique. N’oublions pas que nous sommes en zone parasismique. Les règles d’urbanisme sont de plus en plus draconiennes mais nous devons aussi travailler la gestion de crise en cas de tremblement de terre. Il y a le risque de pollution chimique, le risque de submersion – nous sommes en zone de fort risque de submersion.

Le risque incendie, très important dans notre département.

Et puis le risque humain, le risque terroriste, face auquel nous avons mis en place le 1er Plan communal de prévention du risque terroriste. Nous essayons donc d’anticiper le risque dans tous les domaines : l’urbanisme, l’aménagement, l’entretien des vallons ; Il faut que les propriétaires privés nettoient leurs vallons – 70 % relèvent de leur responsabilité - et il faut que la collectivité montre l’exemple.

Nous avons redoublé d’efforts sur le nettoyage des regards des eaux pluviales. Ensuite, il faut travailler sur la gestion du risque lorsqu’il advient. Nous devons nous inspirer des modèles japonais, californiens pour adopter les bons comportements.

Aujourd’hui on commence, dans le cas de nos modules pour le civisme, des cours de formation pour les jeunes pour bien se comporter en cas de risque avéré. Mais il faudra le faire aussi pour toutes les générations.

En cas d’alerte aussi, il faut que nous progressions. Tout ce travail, nous l’avons amorcé avec différents partenaires : au sein de l’intercommunalité, avec l’état, avec les autres collectivités, avec les organismes comme MétéoFrance, etc.  

 

À consulter :