Lutte contre l'incivisme : les chiffres« Et puis le civisme, c’est tellement bien ! Qu’est-ce que c’est agréable, d’avoir un cadre de vie propre. La civilité, c’est la civilisation. »

Sur le terrain, la lutte contre l’incivisme conjugue les efforts de la police municipale et de la propreté urbaine.
Sur le terrain, la lutte contre l’incivisme conjugue les efforts de la police municipale et de la propreté urbaine.


Vous avez fait de la lutte contre l’incivisme la priorité de votre mandat. Depuis 2014, plus de 22 000 PV ont été dressés par la police municipale. Est-ce un combat sans fin, à la Sisyphe, ou peut-on aujourd’hui constater une évolution réelle des comportements ?

David Lisnard :

Les deux ! L’action publique, la gestion de la cité, c’est tous les jours remonter le rocher de Sisyphe. Et c’est comme ça. Il n’y a pas de point d’arrivée, seulement des étapes. Je n’ai aucune autre ambition que de réussir le projet de mandat pour lequel j’ai été désigné.

J’ai dit, avant les élections, que je ferai de la lutte contre l’incivisme la cause du mandat, et c’est ce que nous faisons depuis deux ans. Sans aucune hésitation. Cela se traduit effectivement par une politique répressive, parce que malheureusement il faut s’attaquer au portefeuille pour faire évoluer les comportements. Un acte d’incivisme est un acte réprimé par le code pénal. Il faut le punir. Rien ne justifie que l’on jette dans la rue une canette de bière en se disant que le balayeur la ramassera et que le contribuable payera, rien.

Il existe un service Allô Mairie +, financé par la commune, que les gens peuvent appeler gratuitement pour faire enlever leurs encombrants, donc là aussi rien ne justifie les dépôts sauvages, qui peuvent être sanctionnés par des amendes allant jusqu’à 4 500 euros...

Mais la lutte contre l’incivisme passe aussi par beaucoup de communication, de sensibilisation dans les écoles, de nouveaux équipements et dispositifs, comme des poubelles avec des cendriers, près de 20 000 cendriers de poche distribués sur les plages, la mise en place d’un nouveau jour de collecte de tri. Et peu à peu, les comportements évoluent. On ne voit quasiment plus de tags en ville. On voit de moins en moins de déjections canines. Et ça commence enfin à se traduire en économies. Là où les marchés liés à la pollution canine coûtaient il y a deux ans 634 000 euros, on descend aujourd’hui à moins de 200 000 euros. Alors bien sûr ça fait toujours très cher, mais ce sont 435 000 euros de dépenses en moins par an. Et nos trottoirs sont plus propres, même s’il reste encore beaucoup de problèmes.

Je trouve que l’incivisme est vraiment un bras d’honneur à la collectivité, et un abandon de soi. C’est la traduction d’une société qui se délite. Il faut donc nous reprendre en mains. Se battre contre l’incivisme, c’est se battre pour notre cadre de vie, mais aussi pour l’attractivité de notre ville. Surtout une ville touristique comme la nôtre, avec des emplois en jeu. C’est se battre pour défendre l’argent du contribuable. Pour qu’il y ait moins de mobilier urbain dégradé et cassé à remplacer, moins de papiers par terre, moins de deux-roues bruyants, moins de voitures sur les passages piétons, ou d’occupation illégale du domaine public.

Et puis le civisme, c’est tellement bien ! Qu’est-ce que c’est agréable, d’avoir un cadre de vie
propre. La civilité, c’est la civilisation. C’est la même étymologie. Essayons de créer un sentiment de respect mutuel, de responsabilité partagée. Respecter l’espace public, c’est respecter les autres et se respecter soi-même.

C’est un combat auquel je crois profondément, et qui aujourd’hui est repris. Les médias français en ont fait écho. D’autres communes, comme la ville de Vence, ont demandé à reprendre la campagne de Cannes. Et j’en suis heureux. Cela montre que nous allons dans le bon sens.

Les chiffres :

  • 22 647 PV sanctionnant l’incivisme dressés depuis avril 2014.

  • 2 771 petits Cannois sensibilisés dans les écoles, les centres aérés et sur le temps périscolaire par un policier municipal dédié à la prévention.

  • 124 séniors au sein de six maisons de retraites ainsi que 36 adultes handicapés au sein de quatre associations départementales.

  • 500 caméras de vidéoprotection qui ont permis 2 375 interventions en 2015.

  • 48 personnes condamnées à effectuer des travaux d’intérêt général accueillies par la Mairie en 2015 (contre 8 en moyenne les années précédentes).

  • 1 application Cannes civique pour signaler les anomalies sur la voie publique et générer des interventions.

  • 6 visuels de communication créés pour sensibilisés le public et déclinés en cinq langues.

  • 68 opérations SLIC interpolices dans les quartiers depuis avril 2014.

  • 3 contrôles anti-bruits par jour.

 

À consulter :