Inondations : #HelpCannes« Nous sommes en train de recontacter les victimes des intempéries pour faire le point. »

La rénovation de l’école de La Frayère ravagée par les inondations a été
en partie financée grâce au don de l’organisateur de congrès Reed Midem.

Où en est justement la réparation de la ville ?

David Lisnard :

La réparation de la ville progresse. Les services ont très bien réagi, avec méthode, dès le 4 octobre au matin pour œuvrer à rétablir ce qui devait l’être immédiatement : les voies de circulation prioritaires, l’électricité. Les dernières voiries qui ont été dégradées sont actuellement en cours de réfection.

Nous ne pouvions pas engager toute les réparations en même temps, d’abord parce que c’était techniquement impossible, et puis parce qu’agir partout dans l’urgence, ça aurait été devoir recourir à des modalités de commandes publiques forcément plus onéreuses. Par exemple boulevard du Soleil, les habitants ont eu la patience de comprendre qu’il fallait mieux passer un marché de travaux spécifique. Ça a décalé les opérations de trois mois mais nous voulions d’abord avoir une vraie étude fiable hydrologique et géologique pour faire des travaux durables et procéder à une mise en concurrence européenne, ce qui nous a permis de faire des travaux de grande qualité 300 000 euros moins chers que si nous étions intervenus tout de suite par un marché à bons de commande.

Les dégâts sur les propriétés communales relevant de la responsabilité municipale, représentent plus de 40 millions d’euros. Et je ne parle pas des dégâts chez les privés, qui dépassent les 280 millions d’euros à Cannes. Alors  que la commune était elle-même sinistrée, privée  d’électricité et de téléphone, il a fallu engager les réparations et soutenir les victimes. C’est ce que nous avons fait et que nous continuons de faire.

Régulièrement, je me tiens informé de la situation des plus sinistrés. Et nous sommes en train de recontacter les victimes des intempéries pour faire le point avec elles, six mois après. Nous referons d’ailleurs le point un an après. Notre meurtrissure collective et individuelle est profonde.

Pour revenir aux finances communales, sur les 40 millions d’euros de dégâts à la charge de la commune, une bonne moitié n’est pas assurable. Heureusement pour l’autre moitié nous avions pris des précautions en matière d’assurance.

La Ville s’est dotée d’un expert d’assuré, et nous sommes comme tout sinistré qui âprement défend ses intérêts. C’est notamment le cas pour la piscine du Grand Bleu, dont les installations techniques ont été lourdement endommagées. J’ai tout fait pour accélérer les travaux. On m’annonçait un an de fermeture puisqu’il fallait reprendre toute la machinerie, j’ai tenu absolument à ce qu’on trouve les moyens juridiques, financiers et administratifs qui nous permettent d’ouvrir avant l’été, ce qui sera le cas, et je tiens d’ailleurs à saluer la patience et la compréhension du Cercle des nageurs de Cannes, qui a fait face à ces difficultés avec une grande responsabilité.

 

#HelpCannes : « Il a fallu faire admettre au reste du pays que nous étions victimes »

Lancée par David Lisnard au lendemain des intempéries du 3 octobre dernier, l’opération #HelpCannes est destinée à trouver des financements au profit des sinistrés et de la réparation de la ville. Le dispositif a suscité une forte mobilisation, comme notamment la vente aux enchères du 26 mars dernier, qui a rapporté 51 820 €, ou une autre vente aux enchères de prestige, organisée par Gilles Jacob le 16 mai prochain pendant le 69e Festival de Cannes.

 

« Au moment où je vous parle, nous avons récolté plus d’un million d’euros de dons. Ce n’est pas neutre !, souligne le Maire de Cannes. Ces dons nous ont permis de réparer l’école de la Frayère, d’engager les travaux boulevard du Soleil, d’en réaliser d’autres à République.

Cette opération était importante : il a fallu faire admettre au reste du pays que nous étions victimes. Ça casse des clichés. Pourtant, Cannes a un taux de pauvreté de 18 %, supérieur à la moyenne nationale qui est de 13,8 %. Je dois d’ailleurs toujours rappeler la réalité de ma ville.

C’est pour ça que je l’aime, parce qu’elle est complexe, faite de richesses et de pauvreté, de vieillesse et de jeunesse, de racines méditerranéennes et d’ouverture au monde, et chaque occasion, qu’elle soit positive comme un festival ou dramatique comme des intempéries, doit nous permettre de nous rassembler un peu plus et créer du sentiment d’appartenance, de la fierté locale.

Moi, je suis un patriote, j’aime mon pays ; et je suis un patriote local. J’aime ma ville. Quand on parvient à développer ce sentiment, on est plus performant. J’ai envie de partager cette fierté cannoise. J’en ai assez des clichés négatifs. »

 

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