Éducation« Dans une société où on a l’impression que tout se délite, il faut revenir à des fondamentaux et l’apprentissage des savoirs en est un »


La reconstruction de l’école des Broussailles va améliorer les conditions d’apprentissage des enfants et insuffler une dynamique nouvelle au quartier.


Le budget d’investissement le plus important de votre mandat est consacré à la reconstruction de l’école des Broussailles. Pourquoi ce choix ? Quelles sont les autres actions réalisées et programmées en faveur de l’éducation et de l’enfance ?

David Lisnard :

L’école des Broussailles était la dernière école de type « Pailleron », donc obsolète. Il fallait la reconstruire, ce que nous allons faire dans le cadre d’un projet qualitatif qui va insuffler une dynamique nouvelle au quartier. Mais d’autres écoles de la ville font l’objet de beaucoup d’attention dans le cadre de notre « Plan Écoles » : à La Bocca, des travaux d’amélioration thermique et de confort seront réalisés cet été à l’école Bocca Parc et en 2017 à l’école Goscinny, l’école de La Frayère a bénéficié des plus importants travaux de l’été 2015 et a été rénovée depuis.

Victor Hugo disait « Ouvrir une école, c’est fermer une prison ». Proposer à nos enfants de bonnes conditions d’apprentissage des savoirs, permettre aux enseignants de bien faire leur travail, avoir des enfants qui ont des écoles agréables, sécurisées, qui mangent à la cantine des produits sains, faits maison, c’est ce qui guide notre action et je crois que c’est primordial !

Dans une société où on a l’impression que tout se délite, il faut revenir à des fondamentaux et l’apprentissage des savoirs en est un. La Mairie n’a pas d’autorité sur le contenu pédagogique, c’est du ressort du ministère de l’Éducation nationale, mais en revanche on peut s’enorgueillir de mettre à disposition des écoles en très bon état et performantes, y compris sur le plan des technologies numériques. Il faut savoir les utiliser, les domestiquer, apprendre à les maîtriser mais aussi à s’en méfier.

On nous a imposé cette réforme scandaleuse des rythmes scolaires, qui fatigue nos enfants et coûte à la Mairie de Cannes 1,2 million d’euros par an. Pour répondre à cette obligation, nous avons malgré tout tenu à mettre en place des activités périscolaires qualitatives, car le bien-être des enfants passe avant tout. 

Nous sommes ainsi la première ville de France à proposer en périscolaire des écoles communales un apprentissage du grec et du latin de façon très ludique, et très performante aussi, de même que des cours de philo. Cela fonctionne très bien grâce à la qualité des enseignants. Maîtriser la langue, c’est ce qui permet d’échapper à sa condition. Connaître l’étymologie des mots, c’est être précis dans son langage, mieux communiquer avec les autres, c’est aussi  pouvoir se développer personnellement. Une langue, c’est une civilisation, cela a des racines. On ne vit pas par hasard quelque part. Le langage, la culture, sont le fruit d’une grande et vieille civilisation qui elle-même est issue de multiples apports, et continue d’évoluer.

Pour produire de beaux fruits, il faut avoir de belles racines, comme disait le poète provençal Frédéric Mistral. Et cultiver l’apprentissage de la langue, c’est arriver à échanger avec les autres. Il faut que nos enfants, quelles que soient leurs origines et leur condition sociale, soient fiers de cette civilisation. Elle a ses parts d’ombre, elle a aussi ses grandes parts de lumière. Quelle merveille que la logique aristotélicienne, quelle merveille que le droit romain, que la culture judéo-chrétienne, que l’esprit des Lumières, qui ont conduit à la civilisation d’ouverture qui est la nôtre !

 

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