Un soir sous les eauxde Hugo Prunet

« Nous étions tous à table … il pleuvait abondamment à l’extérieur et comme à chaque fois, par ma curiosité, je regardais quelques fois par la fenêtre pour me rassurer car la pluie est une des choses que je déteste. Quoiqu’il en soit, la pluie avait largement prit le dessus sur la Lune et on entendait les gouttes légères frapper sur le toit de la maison. A vrai-dire, il pleut rarement comme cela, ici, à Cannes. Dans la maison, il me semble que j’étais le seul à être dans la cuisine et à regarder par la fenêtre … Quant aux autres, ils étaient en train de souper et discuter à tout va. Il faut savoir que mes grands-parents habitent à l’autre bout du jardin dans une petite demeure blanche de la vieille époque. Ainsi, il m’arrivait d’aller les voir quelques fois pour discuter avec eux, une chance que les deux soient aussi proches de nous. Ma Grand-mère s’appelait Louise, Mon grand-père quant à lui se nommait Raoul, les deux étaient absolument adorables. Quant à mes parents, Cécile, et Eric, les deux étaient également proches de moi. Mais ce soir-là, des invités nous avaient rejoints à table, Mon parrain ainsi que sa femme et ses deux enfants. Ma sœur était également présente nous étions onze dans la Villa. Cependant, mes grands-parents n’avaient pas mangés avec nous pour des raisons de fatigue. Alors que la pluie faisait encore rage sur le toit de la demeure, je continuais encore et toujours par la fenêtre de la maison, n’étant visiblement pas rassuré du mauvais temps. Quelques instants, je décidais alors de tourner les talons pour me diriger vers la salle à manger afin de finir mon repas mais, quelques gouttes, à ma grande surprise, coulaient à travers le toit. Ma mère plaçait alors un pot en dessous pour éviter de salir le parquet de la maison. Par la suite, je m’asseyais alors sur une chaise, attendant la fin du repas, mais ma mère m’avait dit d’aller chercher quelque chose dans la cuisine, ainsi j’obéis. Par une simple curiosité, une fois de plus, je jetai un œil à l’extérieur, dans le jardin, grâce à la fenêtre qui se trouvait dans la cuisine. A la fois stupéfait et Abasourdi je distinguais à travers les carreaux de la fenêtre, de l’eau visiblement, qui s’écoulait dans le jardin. Je croyais tout d’abord que cette eau était tout simplement l’accumulation de la pluie sur la terre du jardin, mais quand je jetai un œil vers le portail menant sur la route, je distinguais clairement de l’eau qui s’infiltrait dans le jardin en dessous du Portail. Suite à cela, j’averti mes parents, légèrement stressé, qui eux, ne tenaient absolument pas compte de mes commentaires, ils disaient tout d’abord :

 

-« Arrête donc tes bêtises, Hugo. » Disait alors ma mère.

 

Mais, les larmes aux yeux tellement l’anxiété me submergeait, ma mère décida finalement de se lever en Soupirant. Elle se dirigea tout d’abord vers la cuisine avant de jeter elle aussi un œil dans le jardin. A sa grande surprise, elle aussi voyait l’eau s’infiltrant dans le jardin. Je n’étais pas du tout rassuré … tout cela n’était jamais arrivé depuis ma naissance et nous ne savions pas trop ce qui se passait. Plus tard, ma mère appelait alors mon père, puis finalement, tout le monde se leva pour aller voir ce que ma mère prétendait voir. On distinguait clairement l’eau montant de plus en plus, s’infiltrant à travers les plantes du jardin. Les invités ainsi que mes parents s’affolèrent, mon père resta tout d’abord calme, ma sœur également. Quant à ma mère, elle avait déjà les larmes aux yeux. Pour ma part, je courais dans toute la maison à la recherche d’une source d’apaisement et quelque chose pour me rassurer mais en vain. L’eau commençait à s’infiltrer tout d’abord dans la chambre de ma sœur, donnant une couleur assez clair et Marronâtre. Comme par pur reflex, je me dirigeais alors vers ma chambre, soulevant les tiroirs avec violence les déposant sur le lit de la chambre. Je déposais tout d’abord tous mes cahiers et livres de cours en hauteur, Ainsi que des choses les plus importantes à mes yeux comme des livres et bien d’autres choses. Désormais, il y avait bien 10 Cm d’eau dans la chambre de ma sœur et, la maison étant légèrement surélevée, n’était pas encore inondée. On essayait de me calmer mais en vain, la panique m’envahissait. Je ne savais pas quoi faire, comment réagir, c’était bien la première fois que j’étais confronté à ce genre de choses. L’eau débordait désormais de la chambre de ma sœur pour venir se déposer sur le parquet de la maison, Doucement. Le plancher craquait sous mes pieds et j’avais presque l’impression que la maison commençait à flotter. Quoiqu’il en soit, il fallait quitter la maison à tout prix. On entendait déjà des cries à l’extérieur. J’avais un animal de compagnie, un chat plus précisément mais ce soir-là, il n’était pas dans la maison à ma grande surprise. Mon père, en sortant de la maison, apercevait mon chat, Flottant, accroché à une Branche, ne pouvant se débattre. Il était en train de se noyer, car l’eau commençait à atteindre un niveau sérieusement inquiétant. Mon père réagissait alors en disant :

 

-« Hugo ! Apporte le Chat chez Papi et Mamie, et monte à l’étage ! »

 

Je me dirigeais alors en vitesse chez mes Grands-parents en essayant de ne pas tomber au fond de l’eau, puisque désormais, l’eau atteignait la hauteur de mes genoux. Devant la porte d’entrée de la maison de mes grands-parents, j’apercevais alors mon Grand-père qui se promenait dans la maison. Je lui ai dit de monter à l’étage mais celui-ci ne m’a pas écouté et il m’a dit de rejoindre Mamie à l’étage avec le chat. Je suis alors sorti à l’extérieur pour rejoindre le Vestibule menant aux escaliers. Mais cependant, la porte ne s’ouvrait pas, malgré les efforts que j’eus mis en place pour tenter d’ouvrir celle-ci, elle ne s’ouvrait pas. On remarquait une légère différence d’eau entre l’intérieur et l’extérieur. Je compris donc qu’il y avait une pression empêchant à la porte de s’ouvrir convenablement. L’eau atteignait désormais mon bassin et je commençais à croire que si je ne me dépêchais pas, j’allais presque être emporté par le courant. J’apercevais ma Mamie à travers la porte. Ainsi, mon père arrivait, essayant lui aussi d’ouvrir la porte. C’est pourquoi, nous avions réuni nos deux forces pour pouvoir ouvrir la porte. Ainsi, l’eau s’infiltra en masse dans la maison, provoquant un courant violent qui me fit presque tomber. Mon père me demandait où était Papi et je lui répondis que celui-ci ne voulait pas monter à l’étage, alors il décidait d’aller le chercher. Par la suite, je ne distinguais plus la silhouette de mon père et je décidais alors de monter à l’étage sous le regard inquiet de ma grand-mère. Il fallait donc se dépêcher car l’eau montait de plus en plus dans les escaliers, les meubles commençaient à flotter doucement sur l’eau. On entendait déjà à l’étage le bruit des meubles qui se touchaient dans un vacarne assourdissant. Par la suite, ma mère ainsi que les invités vinrent me rejoindre en vitesse à l’étage, où on déposait sur le lit le premier enfant de mon parrain. Personne n’était très rassuré à vrai dire, on sentait l’humidité, la fraicheur de l’eau qui s’infiltrait doucement entre les murs de la maison. Je ne me rendais pas bien compte de la situation, c’était traumatisant, je voyais au loin, grâce à une fenêtre étant dans la chambre de mes grands-parents, des voitures, des branches, et toutes sortes de choses qui passait devant la maison. On ne distinguait plus mon jardin de la rivière. Mais je m’inquiétais pour une toute autre chose, mon grand-père et mon père. En effet, les deux n’étaient pas encore arrivés avec nous, je me demandais où ils pouvaient bien être et je descendais quelques fois avec prudence dans les escaliers pour voir si ils arrivaient. Soudain, on vit mon père ainsi que mon grand-père, montant les marches des escaliers. Mon père était absolument mouillé de la tête au pied, quant à mon grand-père, c’était similaire. Je savais bien que je ne pouvais rien faire, on ne pouvait rien faire. Nous étions donc voués à attendre que l’eau diminue peu à peu. Mais ce n’était pas le cas, l’eau montait encore et encore et je commençais à croire que l’étage où nous étions ne suffirait pas à nous protéger de toute cette eau qui faisait trembler la maison en s’infiltrant. Je n’arrivais pas à fermer l’œil, et pourtant, j’étais bel et bien fatigué, mais je ne pouvais dormir devant cette scène où devrai-je dire, ce cauchemar. Nous n’avions plus d’électricité, et nous étions voués à nous allumer comme dans le passé, avec des bougies et des chandelles. Mon père, ne pouvant fermer l’œil, lui aussi, se dirigea vers les escaliers, et se mit à nager vers mon ancienne maison pour aller chercher quelques objets qui pouvait éventuellement être utile pour la nuit, comme des lampes ou bien de la nourriture. Mais, le temps passait et mon père ne revenait pas. Personne n’avait pensé un seul instant que mon père pouvait être en danger et c’était alors encore plus terrifiant de savoir que mon père était dans une possible situation dangereuse, entouré d’eau. Mon grand-père, quant à lui, paraissait serein, presque calme. Il ne parlait pas beaucoup à vrai dire,  je ne savais pas vraiment ce qu’il pensait de tout cela mais je n’osais pas lui demander car je me doutais bien que ce n’était pas le moment de poser des quelconques questions inutiles. Il était l’heure de se coucher, nous étions bien obligé, car quoiqu’il en soit, nous ne pouvions rien faire. Ma mère ainsi que mon père avant de partir, installa des « matelas » de fortune pour que personne ne dorme à même le sol. Mais je n’arrivais toujours pas à fermer l’œil, c’était sûrement le choc, dont je ne pouvais me débarrasser. Mon père vint finalement nous retrouver à ma plus grande joie, avec des valises dans les mains contenant divers choses qui pouvait éventuellement être utiles. C’est donc avec sérénité, et paisiblement, que je me couchai, essayant de m’endormir. Bien évidemment, je ne m’attendais surtout pas à être réveillé à 10h00, c’était sans doute prévisible que j’allais me réveiller vers 6h00 du matin. Le lendemain, c’était le cas, alors que je me réveillais vers 6h00 de matin, c’est à ma grande surprise que je vis tout le monde debout. Ils allaient tous bien et c’était le principal. L’eau avait fortement diminué de volume, et on pouvait désormais apercevoir les traces de terre que l’eau avait laissée sur son passage. Bien entendu, il était trop tôt pour pouvoir envisager de descendre à l’extérieur, l’eau atteignait encore les 60 Cm. Ainsi, je regardais le paysage, la pluie avait totalement disparue et on observait le soleil, se levant, comme si rien ne c’était passée. Je portais mon regard vers le jardin, observant divers objets étalés et cloués au sol. C’est à ma grande surprise que je vis une armoire étant dans une des pièces de la maison de mes grands-parents, étalés au sol, dans le jardin, je me demandais donc comment celle-ci a-t-elle fait pour arriver ici, d’autant plus qu’elle était très lourde. Mais, par la suite, cela ne m’étonnais pas, je me rappelle bien des voitures qui passait juste devant la fenêtre, nageant dans la rivière, passant comme si de rien n’était, sans conducteur à l’intérieur. Mais je ne pouvais attendre, et, étant curieux de nature, je décidais alors de descendre les escaliers pour observer l’ampleur des dégâts. La maison était dévisagée, on ne savait plus quel objet allait dans quelle salle. Nous avions appelés des amis à mon père pour que le lendemain, lorsque le soleil se serait levé, ils viennent nous chercher pour nous emmener dans un endroit plus sûre qu’ici. Mais pour cela, nous devions passer à travers tout le jardin, et je n’avais pas encore vu l’état de ma maison, de ma chambre, je ne savais pas encore si mes livres, mes cahiers de cours, étaient secs, intacts. Je me doutais bien que tout cela allait me faire un choc et que des larmes allaient forcément couler. Nous n’étions d’ailleurs pas les seuls à avoir vécus tout cela, sur mon chemin, j’apercevais des animaux, morts pendant le passage de l’eau. Heureusement pour nous, nous n’avons pas eu le même destin que ces pauvres bêtes. Je marchais, lentement, comme si mes jambes ne pouvaient avancer plus vite. J’essayais d’avancer plus vite, mais c’était comme si je ne pouvais pas, j’étais voué à regarder l’horreur devant moi. Quand je vis ma maison, en un état désastreux, je ne pus m’empêcher de verser quelques larmes au sol, humidifiant encore plus celui-ci, déjà gorgé d’eau. Ma demeure avait littéralement flottée, comme quoi, le poids n’est rien contre toute cette eau. C’est avec horreur et tristesse que je me dirigeais vers les différentes pièces de la maison, voyant l’état miteux de la maison. Ma chambre n’était pas reconnaissable, tous les meubles avaient flottés dans la maison. Fort heureusement, mes cahiers de cours, mes livres ainsi que mes appareils électroniques et bien d’autres choses, étaient sauvés mais le plus important n’était pas cela, mais simplement que ma famille aille bien. Cette catastrophe qui n’arrive pas tous les jours, était d’une telle ampleur, que je n’avais jamais vue de ma vie. Le plus important pour moi, était de voir ma famille au complet. Je savais pourtant que nous allions recommencer de zéro, mais je me disais bien qu’il vaut mieux recommencer quelque chose de zéro que ne jamais la recommencer.