À voir au musée de la Mer

  1. Le Vieux Château, le musée
  2. Les prisons d'état
  3. Le Masque de fer
    1. 34 années de détention
    2. Un geôlier tout puissant
    3. La cellule du Masque de fer
  4. Le mémorial huguenot
  5. Le peintre prisonnier, Jean Le Gac
  6. Les citernes romaines
  7. Les fouilles
    1. Les fouilles terrestres
  8. Les épaves
    1. Un long courrier de la Méditerranée orientale : l'épave romaine de la Tradelière (15-10 ans av. J.-C.)
    2. Épave sarrazine du Batéguier, (Xe siècle après J.-C.)

 

Le Vieux Château, le musée

Situé dans le bâtiment le plus imposant du fort, dit « le Vieux Château », construit au XVIIe siècle, le musée occupe la partie la plus ancienne, celle construite sur les vestiges de la période romaine et du Moyen Âge.

On visite aujourd’hui les citernes romaines qui forment les salles de rez-de-chaussée du musée. Dans l’angle du bâtiment, la tour du Rocher aurait été élevée au Moyen Âge pour la défense de l’île, souvent assaillie par les raids sarrasins. Elle fut surélevée vers 1860, par un sémaphore qui permettait la transmission de messages télégraphiques aériens.

Le vieux château, le musée

 

Les prisons d'état

À la fin du XVIIe siècle, le fort revêt une nouvelle fonction, celle de prison d’État dans laquelle étaient enfermées sans jugement, à la demande du roi, des personnes pouvant présenter un risque pour la monarchie (protestants après la révocation de l’Édit de Nantes, auteurs de délit d’opinion, de librairie…) et des prisonniers incarcérés à la demande de leur famille. Le plus célèbre fut le Masque de fer. En 1690, une aile est ajoutée au bâtiment portant à six le nombre de cellules au rez-de-chaussée.

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Le Masque de fer

Rendu célèbre par Voltaire et Alexandre Dumas, le Masque de fer reste le prisonnier le plus connu de l’Histoire. Ce « prisonnier dont nul ne sait le nom, dont nul n’a vu le front, un mystère vivant, ombre, énigme, problème » selon Victor Hugo, passionna des générations d’historiens et de romanciers.

On lui prêta près d’une soixantaine d’identités différentes dont la plus romanesque est celle du jumeau de Louis XIV. Cette hypothèse considérée de nos jours comme farfelue, reste encore le sujet préféré des films hollywoodiens à succès.

 

 

 

34 années de détention

Il fut emprisonné douze ans dans la forteresse de Pignerol (à partir de 1669), six ans dans celle d’Éxilles, onze ans dans le Fort royal de Sainte-Marguerite jusqu’en 1698 et cinq ans à la forteresse de la Bastille à Paris où il mourut en 1703 et où il fut enterré. Après son décès, ses effets personnels et son légendaire masque (peut-être s’agissait-il d’un masque de velours ou de cuir, articulé de métal ?) ont été brûlés.

Un geôlier tout puissant

Le geôlier du Masque de fer, Saint-Mars (Bénigne Dauvergne de Saint-Mars), le gouverneur de toutes les forteresses où il fut incarcéré, était peut-être à l’origine du mythe du prisonnier sans identité.

Le courrier qu’il échangeait avec Louvois, le ministre du Roi-Soleil, à propos du prisonnier, lui donnait de l’importance et il s’enorgueillissait d’être le geôlier des grands du royaume, comme il le fut de Fouquet et de Lauzun autrefois, emprisonnés sur la seule volonté de Louis XIV.

Pas de jugement, d’archives de police, de mémoire de mise en détention pour le Masque de fer, homme sans identité, privé de la liberté d’être vu de tous et que Saint-Mars a tenu à sa merci pendant trente-quatre ans.

La cellule du Masque de fer

Enfermé à Sainte-Marguerite, le Masque de fer ne parlait et ne se dévoilait à personne sauf à Saint-Mars, son geôlier. Sa seule occasion de sortir était d’assister tous les jours à la messe, devant un autel dans le couloir près de la porte de sa cellule. L’aménagement de sa prison, dont il ne reste rien, comptait du mobilier fonctionnel, des tentures et des tapisseries aux murs et des tapis au sol. La prison passait pour être confortable, le feu était entretenu dans la cheminée. Il ne nous reste rien du célèbre Masque de fer, sinon l’énigme de son identité.

Cellule du Masque de fer

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Le mémorial huguenot

Après la révocation de l’Edit de Nantes (1685), la répression est terrible pour ceux qui refusent d’abjurer: massacres, supplices, galères, enlèvements d’enfants, emprisonnements... Six pasteurs du Refuge rentrés clandestinement en France sont ainsi incarcérés dans le fort de l’île Sainte-Marguerite.

En souvenir du martyre des pasteurs emprisonnés à Sainte-Marguerite, un mémorial est dressé au sein de leurs cellules. Sous l’égide de la Société de l’histoire du protestantisme français et à l’initiative du pasteur Charles Monod, une première cellule est inaugurée à la Pentecôte 1950, avec l’aide active des protestants de Hollande et en présence du pasteur Marc Boegner, président de la fédération protestante de France. L’année suivante, avec la participation des Genevois, une seconde cellule est installée. En 1985, ce mémorial est transféré et intégré au musée de la Mer.

 

Le peintre prisonnier, Jean Le Gac

À l’ouest de la cellule du Masque de fer, dans le prolongement du couloir des prisons, quatre cellules avaient perdu la trace des prisonniers enfermés, carrelage, enduits, graffiti effacés à jamais. Seule restaient l’architecture d’un lieu vacant que Jean Le Gac a investi.


Peinture de Jean Le Gac« Il y a quelques années si je rêvais d’aller en prison pour y peindre tranquillement, ce n’était jamais sérieusement parce que je ne me faisais pas beaucoup d’illusions sur la possibilité de me consacrer à mon art entre maton et misère sexuelle ; que j’ai pu y penser alors témoigne seulement de la part du peu de marge de manœuvre que me laissait ma vie familiale et matérielle...

...Je me le rappelais pendant ma visite de l’île, en parcourant la longue allée d’eucalyptus avec le conservateur du musée qui m’initiait au mystère du Masque de fer et à la longue histoire des prisonniers arabes du fort : « famille du Kalifa Mohamed Ben-Aallal ben Embareck, domestiques et trésoriers compris … famille de Kaddour Ben Rouyla premier secrétaire de Kalifa avec tout en bas du registre de contrôle Djobra leur négresse … famille de Chentouff caïd de Oued el Barmmam sans oublier Belal « nègre » affranchi à leur service … famille du frère de dahbou Ouls el Bachir, lequel a été tué … et tant d’autres.D’un côté j’avais un homme sans visage, de l’autre trop de noms, de faits et d’Histoire, et toujours vivace en moi ce vieux désir d’enfermement pour tenter d’accomplir un ultime effort de concentration et percer la fine membrane qui me sépare de l’œuvre unique à laquelle je me sens préparé de longue date…

...C’est dans cet état d’esprit du peintre prisonnier volontaire, que j’ai commencé le 2 juillet 1992 les peintures dans les cellules. » Jean LE GAC

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Les citernes romaines

L’île Sainte-Marguerite ne possède pas de source. Le problème de l’approvisionnement en eau a dû se poser dès le début de l’occupation du site.


Plusieurs citernes bâties durant la période gallo-romaine subsistent dans le fort actuel. La citerne du musée fait partie de cet ensemble. Elle est composée de 4 salles voûtées. Elle constitue le seul élément restant du système hydraulique d’origine. Une maquette représente un essai de reconstitution de l’ensemble de ce système. L’eau de pluie recueillie par le toit d’un bâtiment élevé (temple par exemple) est conduite par l’intermédiaire d’un aqueduc jusqu’au bassin collecteur situé au-dessus de la citerne. Un ou plusieurs orifices aménagés dans les voûtes en permettent le remplissage (l’orifice de la seconde salle voûtée est encore visible), l’eau collectée et conservée peut ensuite être distribuée grâce à un bassin de répartition (château d’eau) et alimenter fontaines, thermes, bassins, canalisations… Le système hydraulique représenté est l’illustration d’une hypothèse élaborée à partir d’exemples connus dans l’urbanisme gallo-romain. Des fouilles et des sondages ultérieurs permettraient d’y apporter des corrections et des modifications.

 

Les fouilles

Les fouilles terrestres

En 1972, des travaux menés dans l’enceinte du Fort royal de l’île Sainte-Marguerite ont mis au jour des vestiges antiques importants. Quatorze campagnes de fouilles programmées entre 1973 et 1995, ont établi l’occupation du site du VIe siècle av. J.-C. jusqu’au IVe siècle après J.-C.


En 1997, après restauration par le Centre d’Etude des Peintures Murales Romaines du CNRS, une partie des fragments des peintures murales d’un laconicum (étuve sèche de thermes romains), exhumées lors de ces fouilles, est présentée au public dans une salle du 1er étage du musée.

Les fouilles

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Les épaves

Un long courrier de la Méditerranée orientale : l'épave romaine de la Tradelière (15-10 ans av. J.-C.)

Cette épave a été découverte en 1971, à l’est de l’île Sainte-Marguerite par 50 mètres de fond, près de l’îlot de la Tradelière (inventeurs M.A. Pastor et M.A. Roudil). La cargaison de ce bateau est d’une grande diversité. Neuf types différents d’amphores ont été distingués. Une importante cargaison de vaisselle de terre cuite et de verre, des gobelets gigognes encastrés les uns dans les autres des petits vases à décor zoomorphe et des séries de coupes de verre de différentes couleurs complétaient ce chargement.


Outre le vin des amphores de Chio et de Cos, îles grecques de la mer Égée, le bateau de la Tradelière transportait de la saumure (amphore espagnole à saumure), des dattes et plusieurs milliers de noisettes répandues sur l’ensemble du site. La richesse et la diversité du matériel découvert ont permis d’avancer l’hypothèse que l’épave de la Tradelière pourrait être un des très rares longs courriers venus de la Méditerranée orientale, Grèce et îles du Dodécanèse, pour sombrer sur les récifs de l’île Sainte-Marguerite.

Épave sarrazine du Batéguier, (Xe siècle après J.-C.)

Cette épave a été découverte en 1973 à la pointe ouest de l’île Sainte-Marguerite par 54 mètres de profondeur (inventeur Jean-Pierre Joncheray). Des coulées de poix fondue présentes sur plusieurs céramiques et des morceaux de coque brûlée ont fait émettre l’hypothèse d’un naufrage dû à l’incendie du navire. L’essentiel de la cargaison est constitué de céramiques. La variété des types et la taille régulièrement dégressive de certaines formes font penser à un chargement commercial. Les céramiques répondent à tous les emplois courants : jarres de stockage allant du très gros modèle au petit jarron en passant par les tailles intermédiaires, récipients pour la cuisson, vases pour les liquides, pots, lampes à huile. Des objets peu courants complètent cet ensemble homogène : un tambour, une lampe-couronne à sept godets, un remplisseur de lampe en forme de dromadaire, des pots à opercule-filtre. Les délicates lampes à huile, les fines cruches à bec tréflé, les pots à tamis témoignent incontestablement d’une parfaite maîtrise technologique et du raffinement du monde musulman des Xe et XIe siècles.

Télécharger le dépliant du Fort royal et du musée de la Mer pour préparer votre visite.

 

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