Les arts décoratifs de l'époque qajare

La vie mystérieuse des chef-d'œuvres qajars

L'exposition d'une partie de la collection dont certaines œuvres sont en cours de restauration ou vont bientôt l'être est une préfiguration d'une future salle dédiée aux arts décoratifs de l'époque qajare au musée de la Castre.

La réorganisation des collections du musée de la Castre a permis de mettre en exergue une collection d'origine perse, datant de l'époque de la dynastie qajare (en Iran de 1786 à 1925) dont l'unicité en Europe, l'intérêt historique et esthétique nous invitent à l'exposer au sein des collections permanentes du musée et de prévoir sa restauration.
Cet ensemble qajar unique, constitué d'environ 350 objets, a été rassemblé par le baron Tinco Martinus Lycklama à Nijeholt, mécène fondateur du musée de Cannes, lors de son voyage en Orient en 1865.

« La vie mystérieuse » qu'exprime le titre, veut poser l'accent sur les coulisses de l'art, analyses des matériaux anciens et restaurations que le public ne voit jamais.

 

Ci-contre : Courtisane à la jupe bleue - Huile sur toile, vers 1820-1830
Coll. musée de la Castre, Cannes - © photo B. Holsnyder
 

 
La collection
 

Elle présente les peintures qajares restaurées et non restaurées, et montre ainsi la nécessité de la restauration. En regard des peintures, des photographies, un film exprime les divers modes d'analyses physico-chimiques subies par les peintures et les étapes de leur restauration.

Par ailleurs, les objets qajars qui n'ont pas été montrés depuis leur mise en caisse dans les années 1920 - miniatures, coffrets peints et vernis, armes de parade pour les derviches, objets de la vie quotidienne et ses menus plaisirs (santé, toilette, bijoux, café, tabac…) - sont mis en scène parallèlement pour inviter à comprendre le caractère unique de la collection.


L'analyse et la restauration de certaines œuvres

Le film suit l'étude d'objets restaurés par une équipe scientifique, experts d’analyses physico-chimiques de la matière et experts du diagnostic sous le prisme de la lumière (lumière infra rouge, lumière sous fluorescence d'ultraviolet…) et avec des technologies de pointe qu'utilisent aussi les enquêteurs policiers.
 

Le centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, le CICRP, a accompagné le projet en accueillant les collections de peintures et d'arts graphiques et en mettant à disposition du musée ses moyens d'investigation dans ses ateliers, situés à la Friche de la Belle de Mai à Marseille. Cette collaboration a permis d’analyser certaines œuvres et d’en retracer l’histoire et la technique d’origine.
 

Aidez-nous à restaurer cette collection !

L'appel au ministère de la Culture et à la Fondation du patrimoine a permis d'initier le projet pour la restauration de cette antique collection malmenée par les voyages, les stockages anciens peu appropriés et le temps. Continuons ensemble la restauration de cette collection exceptionnelle… faites un don en réduisant vos impôts.

En savoir


 

Le baron Tinco Martinus Lycklama à Nijeholt

L'aristocrate hollandais a 28 ans lorsqu'il entreprend son premier voyage en Orient, « un grand tour » sur les traces de Jean-Baptiste Tavernier et de Jean Chardin, ses devanciers du XVIIe siècle. Il parcourt pendant plus de trois ans le Caucase, le Kurdistan, la Perse, la Mésopotamie et le Levant (printemps 1865 - automne 1868).

Son récit publié en 4 tomes, comprend une description géographique, historique, politique et économique des régions traversées. Il y détaille son itinéraire, ses rencontres, les péripéties du voyage et ses achats pour sa collection.

Les peintures et les objets sont achetés dans diverses villes persanes (Téhéran, Ispahan, Chiraz…). Ses sources d'approvisionnement sont multiples : vendeurs de bazars, artisans, « antiquaires », fournisseurs improvisés, dont plusieurs Européens résidant sur place, villageois vivant à proximité des sites archéologiques et proposant leurs trouvailles, potentats locaux…

 

Prolongez votre découverte sur la civilisation qajare

Rendez-vous sur la boutique en ligne de la Mairie de Cannes pour acquérir l'ouvrage « La vie mystérieuse des chefs-d’œuvre qajars ».
(84 pages, 55 illustrations, édition Ville de Cannes)