Le Casino municipal ouvre les festivités (suite)

Pour l'installation de la salle de cinéma, les responsables cannois commandent mille fauteuils, du matériel de sonorisation, de projection et un écran grand format. Ils prévoient également d'engager un ingénieur et deux opérateurs pour s'occuper des problèmes techniques. Le devis s'élève à 140 000 francs auxquels il faut ajouter l'achat d'un tissu recouvrant les murs, pour une meilleure acoustique, de treize ventilateurs et de tapis d'une valeur de 65 000 francs.

Deux mois suffisent pour réaliser ces travaux. Le maire de Cannes, Pierre Nouveau, inaugure la salle et, à cette occasion, met à l'honneur ses administrés qui, grâce à leur volonté, ont permis cette réalisation d'envergure : « En un temps record l'aménagement est réalisé grâce aux entreprises et aux ouvriers cannois qui ont compris immédiatement les raisons de l'effort demandé, » déclare Pierre Nouveau.
La salle est richement décorée et peut accueillir mille spectateurs. Dès le mois d'août, la location des places est ouverte au public. Il est possible d'acheter des tickets à l'unité ou de prendre des carnets d'abonnement, titres en vente dans tous les hôtels cannois ainsi que dans les bureaux des agences Havas de Nice et de Monte-Carlo. Les projections destinées aux membres du jury, aux délégués étrangers et aux journalistes, doivent se dérouler dans une salle voisine, un quart d'heure avant celles destinées aux autres festivaliers. La seule projection privée qui a eu lieu dans cette salle en 1939 est celle de Quasimodo (The Hunchback of Notre-Dame) de William Dieterle, quelques jours avant la déclaration de guerre et l'arrêt immédiat des festivités cannoises.
Les organisateurs cannois ont gagné un pari mais savent bien que ces dispositions, prises à la hâte, restent provisoires. Ils envisagent, dès la première édition, de construire un véritable palais ; l'emplacement est choisi, les maquettes sont réalisées et le nombre de places est doublé. On espère que tout sera prêt pour la manifestation de 1940. Là encore, pour cause de guerre, l'abandon du projet reste inévitable ; il est remis à plus tard. D'ailleurs, en 1946, avec la reprise et la concrétisation du premier Festival de Cannes, le projet de construction réapparaît. Il ne suffit que de quelques années pour voir ouvrir les portes de ce Palais tant attendu. La troisième édition cannoise s'y déroule ; pourtant l'édifice n'est pas entièrement terminé.

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