La villa Rothschild et la médiathèque Noailles c'est aussi...

  1. La saison d'hiver
  2. Le Quartier des Anglais
  3. Les Rothschild à Cannes
  4. La Villa et ses dépendances
  5. Les salles de réception
  6. Le jardin
  7. Le néo-classicisme de la Villa Rothschild
  8. La médiathèque Noailles

La saison d'hiver

La saison d’hiver de Cannes, qui fut de la fin du XIXe siècle jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale la saison de Cannes, fut en même temps la saison des grandes villas et des châteaux. Toute l’aristocratie européenne se donna rendez-vous dans la bourgade : les premiers et les plus nombreux furent les Anglais, dans la foulée de ‘L’inventeur » de la station, Lord Brougham en 1834. Puis vinrent les Allemands, les Russes et les Suisses et ce n’est que vers 1870 que la haute société française découvrit Cannes. La période de 1873 à 1900 fut la plus prospère en matière de villas et de réalisations urbanistiques..

Le Quartier des Anglais

La villa Rothschild fut construite dans le quartier résidentiel et aristocratique appelé dès le XIXe siècle, « Quartier des Anglais », à l’est de la colline du Suquet. Dans le voisinage se trouvent quelques-unes des plus célèbres résidences de Cannes : la Villa Eléonore-Louise, construite par Lord Brougham en 1835, à l’ouest ; le château des Tours (auj. Parc Vallombrosa), de style néo-gothique commandité par Sir Thomas Robinson Woolfield entre 1852 et 1856, à l’est.

Bâtie au pied de la colline de la Croix-des-Gardes, orientée Nord-Sud, la villa Rothschild se trouve à l’angle de la route de Fréjus (auj., av. du Dr Picaud) et de l’avenue Jean de Noailles.

Les Rothschild à Cannes

En 1880, la baronne douairière James de Rothschild se rendit à Cannes pour la première fois et loua la villa Victoria où elle passa l’hiver. C’est en 1881 qu’elle acheta la villa Marie-Thérèse avec son parc, séparée de la villa Victoria par la route de Fréjus. La villa Marie-Thérèse fut rasée et la même année la baronne passa commande de la demeure actuelle. Elle fut construite sur les plans de l’architecte  Charles Baron qui avait déjà réalisé les demeures de prestige à Cannes et dans la région.

Après le décés de la baronne en 1886, la villa fut occupée successivement par les barons Alphonse et Edouard de Rothschild. Jusqu’en 1939, elle demeura un haut-lieu de vie mondaine : au cours de multiples fêtes et réceptions qui s’y donnaient, se côtoyaient aristocrates et hommes politiques, artistes de renom et industriels.

Durant la seconde guerre mondiale la villa fut réquisitionnée en tant que bien israélite. C’est en 1947 que la Ville de Cannes se porta acquéreur du bâtiment en vue d’y installer la Bibliothèque Municipale.

La Villa et ses dépendances

Elle fut construite rapidement, en un an dit-on, grâce à l’abondante main d’œuvre piémontaise présente à Cannes et aux moyens importants des commanditaires. Le terrain fut aplani, les « rious » s’écoulant de la Croix-des-Gardes furent asséchés. Dans l’angle Nord-Est du parc se trouve le pavillon du gardien. Entre celui-ci et la limite Nord, un pigeonnier. L’angle Sud-Est est occupé par une bâtisse en U qui abritait les communs dont l’écurie.

La villa est de plan rectangulaire. L’équilibre rigoureux de la composition frappe d’emblée le visiteur. Le corps principal, avec ses trois travées de fenêtres et ses deux ailes, exprime une volonté de parfaite symétrie. La composition de l’édifice est de type pyramidal, et les chaînages d’angles soulignent les décrochements des différents niveaux. La villa prend assise sur un sous-sol d’aspect rustique dont la couleur grise des pierres met en valeur le ton ocre du reste du bâtiment.

Le calcaire, le grès, le porphyre proviennent des carrières de la région. Le marbre fut sans doute importé.

La villa comporte cinq niveaux : le sous-sol, qui renfermait les cuisines, laveries, caves ; le rez-de-chaussée aménagé essentiellement en salles de réception ; le premier étage qui comportait les chambres ; l’entresol consacré au service ; les combles où logeaient les domestiques.

Les salles de réception

L’accès à la villa se fait sur le côté Nord par un portique, hors-œuvre de plan rectangulaire et abritant la porte principale ; celle-ci, monumentale de style XVIIIe s., est en bois sculpté, avec un décor d’urnes, de fleurs, de guirlandes surmonté par le monogramme des Rothschild. La porte donne sur un petit vestibule, vitré entièrement transparent, qui ouvre sur un grand hall : les murs Est et Ouest moulurés avec un décor végétal comportent deux niches chacun. L’ensemble est recouvert d’un placage imitant le marbre rose. Deux colonnes limitent le hall et ouvrent celui-ci sur le couloir d’orientation Est-Ouest.

Dans l’axe de la porte, une porte en acajou surmontée d’un médaillon représentant un personnage féminin à la manière de Della Robbia, donne accès au « Salon chêne XVIIIe s. Celui-ci est lambrissé jusqu'à la corniche supérieure. Les murs sont recouverts de panneaux de chêne finement sculptés. Ces boiseries proviendraient de l’Hôtel Talleyrand qui fut racheté par les Rothschild, au XIXe siècle. Le salon chêne communique avec une autre salle située à l’Est, de plus vastes dimensions décorée de stucs et de pilastres cannelés. Les deux salles possèdent chacune une grande cheminée à l’anglaise en marbre rouge, surmontée d’un miroir.

Attenant au salon de chêne, sur le côté ouest, une salle de même dimension, mais sans décor caractéristique servait de fumoir.

La salle à manger donne sur le jardin d’hiver bouclant l’extrémité Est du bâtiment de sa rotonde vitrée. Une fresque peinte en trompe-l’œil sur le plafond représentant architectures antiques, putti, fleurs, oiseaux, ouvre sur le ciel. De grandes portes fenêtres donnant plein sud, éclairent généreusement l’ensemble des salles que nous venons de décrire. Elles ouvrent sur la terrasse surélevée qui longe le bâtiment et relie celui-ci au jardin.

La façade Nord  comme la façade Sud est divisée horizontalement par deux bandeaux à moulures limitant les parties hautes du sous-sol et du rez-de-chaussée. L’édifice est couronné d’une balustre destinée à masquer la toiture. La façade sud plus ornementée que la façade nord, comporte en son centre, dans l’axe du portique d’entrée, une rotonde dont la partie supérieure, cernée d’une balustrade, sert de terrasse pour les chambres du premier étage. La rotonde est constituée de huit colonnes jumelées en marbre rose.

Le jardin

Comme toutes les grandes demeures de Cannes, la Villa Rothschild se devait d’avoir son jardin. Riche de nombreuses essences exotiques (cèdre bleu, bambou, ginkgo biloba, magnolia, palmier, etc..)

Le jardin à l’anglaise possède dans sa partie Nord, aux abords de la villa, bassins et cascades. La présence de l’eau, la sinuosité des allées, le charme d’une nature qui paraît se développer librement confèrent à l’ensemble un romantisme indéniable.

Le néo-classicisme de la Villa Rothschild

Le XIXe siècle manifesta un regain d’intérêt pour l’Antiquité avec une référence au classicisme du XVIIe siècle : goût de l’harmonie en architecture par la recherche de la symétrie, mais aussi des perspectives, des effets monumentaux, goût des formes cubiques, de l’homogénéité des masses, des balustrades dissimulant les toitures. Tous ces facteurs ont inspiré l’architecte de la Villa Rothschild. L’effort de symétrie l’a conduit à placer de fausses fenêtres sur les façades Nord et Est. De même, dans le grand couloir du rez-de-chaussée, l’équilibre est préservé par l’adjonction de fausses portes. L’effet de perspective est particulièrement accentué par l’axialité Nord-Sud constituée par le portique de la grande porte et de la fenêtre centrale du salon chêne ainsi que les colonnes de la rotonde. A la lisibilité, à la clarté des façades correspondent transparence et luminosité des salles.

 L’architecte a su animer les façades en jouant sur les divers décrochements et terrasses,  sur la décoration, sur les coloris des enduits et matériaux, avec cependant un goût plus prononcé pour les lignes courbes sur le côté Sud.

La Villa Rothschild demeure un témoin remarquable de l’architecture de villégiature à Cannes du XIXe siècle, et son utilisation à des fins culturelles permet à un nombreux public d’en apprécier le charme.

La médiathèque Noailles

Riche de 250 000 documents (livres, périodiques, disques, vidéocassettes, etc..) la Médiathèque de Cannes a pu fort heureusement développer ses activités grâce aux commodités d’accès de la villa et à l’ampleur de ses locaux.

Les sous-sols sont réservés aux magasins de livres et à l’atelier de reliure municipal. Les salons du rez-de-chaussée très clairs sont devenus salles de lecture et salles de prêt. La discothèque et la vidéothèque se partagent le premier étage. Le dernier niveau est réservé aux services administratifs. Le grand hall, couloirs et dégagements du rez-de-chaussée accueillent régulièrement des expositions. Dans les salons de lecture, en dehors des heures de fonctionnement de la Bibliothèque, sont organisées des manifestations à caractère littéraire ; lectures de textes, rencontres d’écrivains, soirées théâtrales, conférences, etc...

La Médiathèque installée dans les locaux de la Villa Rothschild est devenue la pièce maîtresse du service de la lecture publique, comptant quatre bibliothèques annexes de quartier (à Cannes la Bocca, dans le secteur de Cannes-Est) ainsi que deux bibliobus.

 

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