COVID-19 - Extension des mesures : les Maires de Cannes et de Grasse montent au créneauExtension des mesures prises à Nice à l’ensemble du département des Alpes-Maritimes, les Maires de Cannes et de Grasse montent au créneau : « Il faut mieux protéger et moins interdire. L’État fait tout le contraire. »

« Le Préfet a décidé d’étendre à l’ensemble du département des Alpes-Maritimes les mesures prises à Nice pour lutter contre la propagation du Covid-19, et notamment la fermeture à 22 heures des débits de boissons et la fermeture des salles de sport. 

Ces mesures, qui multiplient les interdits et évitent de se concentrer sur ce qui est utile, nuisent à la lutte efficace contre la Covid-19, tuent la liberté de commerce et d’industrie et rendent le travail impossible. 

Elles interviennent à contretemps puisque l’ensemble des indicateurs montre une amélioration sanitaire sur le département, notamment dans l’Ouest. Depuis ces trois dernières semaines, sur notre bassin de vie :

  • le taux d’incidence a été divisé par deux depuis début septembre. Il n’a jamais été aussi peu élevé (83) dans notre département depuis le 25 août après avoir connu un pic à mi-septembre proche de 160 ;
  • le taux de positivité continue de diminuer (il est désormais légèrement en dessous de 5 % dans l’ouest du département contre 8 % début septembre) ;
  • le nombre de patients hospitalisés et en réanimation diminue également. À ce jour :
  • aucun patient Covid-19 en réanimation à Cannes et Grasse ;
  • six patients sont hospitalisés à Cannes (contre 18 début septembre) et sept à Grasse.

Il est donc regrettable de constater que cette décision ressemble plus à une opération de communication et d’affichage qu’à une opération ciblée de protection de la population en fonction des données épidémiologiques.

L’annonce de la fermeture des bars à 22 heures est une mesure totalement inepte et triplement nuisible car elle ne va rien apporter d’autres que :

  • de multiplier les regroupements privés dans des appartements ou villas loués pour les circonstances, incontrôlables par les forces de l’ordre et sources de foyers épidémiques ;
  • de conduire inévitablement à des troubles à l’ordre public dans les copropriétés et nuire à la quiétude des habitants ;
  • d’inciter au para-commercialisme au détriment des professionnels qui payent leurs taxes et leurs charges et à l’avantage d’aventuriers tels que des exploitants d’arrière-cours et bistrots clandestins.

Plutôt que de s’auto-protéger avec un parapluie administratif, nous attendons de l’État et du Gouvernement non pas des interdits généraux mais des mesures efficaces et ciblées.

Pourquoi punir des professions entières, alors qu’il n’est pas compliqué de sanctionner et de fermer les établissements qui ne respectent pas les règles ? Pourquoi l’État ne le fait pas ? 

L’État doit arrêter d’ajouter de l’interdit et mieux protéger les habitants en faisant d’abord respecter les normes qu’il édicte. »

David Lisnard, maire de Cannes
Jérôme Viaud, maire de Grasse