Inondations du 3 octobre 2015 : deux ans après

Le 3 octobre 2015, une date marquée à l’encre rouge. Ce soir-là, en seulement trois heures, Cannes a été l’épicentre d’un phénomène climatique sans précédent. Ce soir-là, vingt personnes, dont cinq Cannois, ont perdu la vie. Ce soir-là, la ville a été dévastée : 300 millions d’euros de dégâts et 40 millions d’euros pour le domaine public communal.

Se préparer individuellement et collectivement

Outre les longues réparations matérielles et remises en état ‑ plus de 9 millions d’euros la première année et 1,25 million la seconde ‑, l’après 3 octobre a aussi imposé la nécessité de « mieux gérer la crise si elle arrive, mieux se préparer individuellement mais également au niveau du territoire ». Le maire de Cannes a donc monté de plusieurs crans le Plan de prévention des risques majeurs qu’il avait déjà esquissé dès 2014. Avec, a fortiori, une politique « aujourd'hui extrêmement volontariste » en ce qui concerne le risque inondations. « Quand un événement de ce genre se produit, vous devez, en tant que maire, apporter des réponses aux habitants, qu’elles soient logistiques, humaines, matérielles… Il y a eu de la part de nos services municipaux un travail instantané ce soir-là », a insisté David Lisnard.

Gestion de crise et nouveaux outils

Mieux se préparer c’est aussi, au-delà des mentalités, doter la commune des équipements les plus performants pour appuyer la prise de décisions. La plateforme de gestion des risques fait donc partie d’un des outils essentiels dont s’est équipée la mairie de Cannes. Il s’agit d’un outil cartographique en 3D pour simuler, analyser, et gérer les crises. Il permet de pouvoir visualiser géographiquement le territoire (au-delà des seules limites de la commune) et d’en avoir une vision stratégique et opérationnelle (sites à protéger, sites de repli, routes à fermer, etc.) et de croiser les informations.


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La mairie de Cannes a également fait l’acquisition de matériels qui peuvent s’avérer indispensables comme des téléphones satellites en cas de défaillance des réseaux classiques (ce fut le cas il y a deux ans).

Prévention et urbanisme

En matière de prévention, la problématique « inondation » est aussi en cours d’intégration à la révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU). Au cas par cas, la délivrance des permis de construire est soumise à un diagnostic de vulnérabilité et des analyses complémentaires plus poussées. Lorsque les conditions ne sont pas réunies, les permis de construire sont refusés. Déjà trois maisons individuelles, un bâtiment industriel et un immeuble collectif ont ainsi été retoqués par la Mairie de Cannes. « Le nombre de permis de construire a été fortement divisé à Cannes, selon un principe de prudence mais aussi par souci d'équilibre urbain », a expliqué David Lisnard.

Intégrer la culture du risque

Pour la population, de façon plus immédiate, la question de la culture du risque est une notion qu’il convient désormais d’intégrer. La mairie de Cannes travaille en ce sens.

Vingt-trois repères « Plus Hautes Eaux Connues » ont été installés dans les vallons de la Foux, des Gabres, du Riou et de la Frayère pour garder la mémoire de l’événement du 3 octobre 2015.

Intégrer la culture du risque, c’est aussi réaliser régulièrement des exercices d’évacuation. Ces simulations répondent à un double objectif : entraîner les élèves et les personnels sur la conduite à tenir en cas de survenue d’un évènement majeur type inondation et mettre en évidence les évolutions ou adaptations qui seront éventuellement à mettre en place.

Améliorer l’alerte auprès des habitants

L’utilisation de l’application MYPREDICT est désormais recommandée auprès des habitants du bassin cannois. Il s’agit d’une application téléchargeable gratuitement sur toutes les plateformes. Accessible à tous, consultable 24h/24h. Et, surtout, la possibilité d’être automatiquement alerté en temps réel en cas de risque par un système de géolocalisation. Un outil qui doit, selon le maire de Cannes, « aider le citoyen à être un élément fort de réduction de l’impact des intempéries ».

L’alerte passe aussi par les réseaux sociaux de la commune et la radio. Le dispositif Cannes Alerte ‑ prestation d’appels téléphoniques en grand nombre ‑ a également été mis en place. Les habitants sont fortement incités à s’inscrire.

La mairie a également déjà installé quelque 140 haut-parleurs dans les vallons sensibles (notamment République et Frayère) afin d’alerter les habitants. De même, les onze panneaux à messages variables de la Mairie de Cannes feront office de relai systématique des alertes le cas échéant.

« Nous devons avoir une culture du risque qui accompagne autant les services municipaux que les populations, a conclu David Lisnard. Lors d’un événement comme le 3 octobre 2015, les premières minutes sont capitales d'où la nécessité d'anticiper. Nous devons capitaliser sur ces expériences pour sortir plus forts. »