Cannes université fait débat sur le transhumanisme

Dans le cadre de ses Cannes Conférences, l’association Cannes Université a proposé, en partenariat avec la Marie de Cannes et l’Université Côte d’Azur, un grand colloque autour du thème du Transhumanisme, la vie à l’infinie, le 9 décembre dernier, à l’espace Miramar.

Durant toute la journée, d’éminents spécialistes et experts se sont succédé pour aborder ce courant de pensée international, prônant l’usage des sciences et des techniques dans le but d’améliorer la condition humaine. La rencontre a débuté avec Béatrice Jousset-Couturier, docteur en pharmacie, qui a rappelé les origines de la doctrine ainsi que ses réalités et ses conséquences. Ugo Bellagamba, historien du droit, est intervenu ensuite sur les prémices du transhumanisme dans la science-fiction. L’après-midi, Guy Vallancien, chirurgien, a évoqué l’évolution de l’homme réparé vers l’homme augmenté puis le politiste Yannick Rumpala a exposé sur la superintelligence et l’automatisation de la société. Enfin, Éric Picholle, physicien, a abordé la physique du transhumanisme.

Des interventions passionnantes et accessibles agrémentées de deux tables-rondes, au cours desquelles le public venu nombreux a pu mieux appréhender ce mouvement qui prend ses racines aux États-Unis dans les années 50, visant à améliorer les capacités intellectuelles physiques et psychiques de l’être humain pour mieux vivre et plus longtemps grâce à la technique, dans lequel s’impliquent aujourd’hui fortement les géants du web notamment Google, Amazone, Facebook, Apple (regroupés sous l’acronyme GAFA) ou encore Microsoft, soucieux de trouver la place de l’homme dans de nouveaux axes de recherches scientifiques et dans les nouvelles technologies.

« Il s’agit d’un thème fondamental au cœur de notre présent et de notre avenir » a martelé David Lisnard en ouverture du colloque. « La réalité augmentée qui progresse de façon exponentielle nous pousse à nous interroger sur la condition humaine elle-même. (…) La puissance de ces progrès scientifiques doit symétriquement susciter une puissance intellectuelle de conscience citoyenne pour réguler et organiser cette révolution. » Citant Rabelais, le Maire de Cannes a rappelé que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » après avoir expliqué qu’« il ne faut pas subir ce phénomène, il faut l’accompagner, c’est pourquoi il est nécessaire de multiplier les réflexions, les lectures et débattre, comme nous le faisons à Cannes. »