Les agents communaux formés à détecter les signes de radicalisation

Une question de citoyenneté, pour tous.
Une question de devoir et de responsabilité, aussi et surtout, pour les agents communaux.

La mairie de Cannes a entrepris de former une partie de son personnel à la détection des signes de radicalisation. Une action préventive qui vise à doter les hommes et les femmes de la Ville de Cannes, en contact avec le public et notamment des jeunes et leurs familles, des outils qui pourront leur permettre de repérer des comportements à risque ou des profils particuliers afin d’émettre des signalements fiables de radicalisation latente.

Repérer et définir le bon comportement

Au cours des séminaires et ateliers, il était, entre autres, question :

  • D’apporter un éclairage sur le contexte politique et géopolitique du phénomène de radicalisation,
  • De sensibiliser et former l’ensemble du public à l’acquisition des outils nécessaires à l’identification des phénomènes de radicalisation,
  • De fournir des outils de distinction et de repérage des signes de radicalisation et des différents profils mentaux,
  • De susciter le débat, l’échange et les questionnements sur des situations concrètes et les difficultés auxquels les agents sont confrontés,
  • De connaitre et utiliser les partenaires ressources dans la prise en charge d’une situation,
  • De permettre l’ajustement d’un positionnement professionnel adapté.

950 agents communaux formés

Quelques 950 agents de la mairie de Cannes ont ainsi suivi cette formation ciblée, dispensée de juin à septembre, par une association spécialisée. « Cette formation vous dote des outils nécessaires pour appréhender les signes de radicalisation et afin de faire les signalements adéquats. Les collectivités représentent un maillon fort dans cette mobilisation, sous l'égide de l'État, contre ces phénomènes de radicalisation », a commenté David Lisnard à l’occasion de la clôture de ce séminaire de sensibilisation.

Dans la prévention du risque terroriste, le maire de Cannes a engagé très tôt une politique volontariste, à l’instar du plan de prévention du risque terroriste – le premier du genre en France à l’initiative d’une commune – mis en place par le premier magistrat cannois dès le printemps 2015.

« L'identification, en amont de toutes les actions »

Protection renforcée des bâtiments, particulièrement des établissements scolaires, des événements à forte densité humaine avec, notamment, un exercice attentat grandeur nature réalisé en avril dernier, ou encore l’achat de matériels adapté à la protection optimale de la population… Récemment, 5 millions d’euros ont d’ailleurs été alloués à la lutte contre le terrorisme à l’échelon communal.

« Nous avons engagé une vraie démarche de protection des Cannois et des visiteurs. Cela se traduit par une somme d'actions concrètes et pragmatiques, a commenté le maire de Cannes à l’adresse des agents municipaux. Mais en amont de toutes ces actions, il y a l'identification de la radicalisation. Il est difficile de lutter contre la perversion idéologique, qui utilise des messages parfaitement formatés et des réseaux spécifiques. La radicalisation est toujours proportionnelle à la vacuité, à l'absence d'espérance. »

Enfin, l’édile d’insister et de conclure : « Il ne s'agit ici pas de délation mais d’une belle cause à défendre… celle de remplir notre devoir et notre responsabilité de protection des populations ».

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