Incivisme : le modèle cannois à l’exportation

Le Plan anti incivisme de Cannes en voie d’exportation ! Le modèle cannois fait effectivement des émules. Si bien que cette semaine, c’est à Paris, au siège de l’association des Maires de France, que l’instigateur de cette lutte contre l’incivisme a été invité à partager son retour d’expérience.

Le maire de Cannes, David Lisnard, a donc fait l’exposé des actions menées sur le terrain devant des journalistes de la presse nationale. En tribune, à ses côtés, le président de l’AMF, François Baroin, a également vanté d’emblée le combat engagé par la mairie afin d’éradiquer les incivilités de la vie de Cannois. « Nous regardons avec attention les initiatives locales innovantes et marquantes. À Cannes, les résultats sont suffisamment probants pour que nous puissions mettre en perspective cette initiative », a justifié le sénateur maire de Troyes.

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LUTTER POUR ÉCONOMISER LES DENIERS PUBLICS

Bien que David Lisnard se refuse à tout auto-satisfecit, tant il sait que l’incivisme mérite un changement profond des mentalités, les progrès sont palpables. En matière d’économies notamment ‑ chapitre qui intéresse particulièrement les maires de France –  la lutte contre les incivilités permet de réduire certaines dépenses. A Cannes, par exemple, quand plus de 700 000 euros étaient nécessaires en 2013 pour l’enlèvement des déjections canines, le budget « tombe » à 199 000 euros en 2016. Idem pour le coût du nettoyage des tags qui a chuté, en 10 ans, de 560 000 à 28 000 euros.

Les économies sont réelles, mais les gains pour la qualité de vie et l’attractivité de la commune le sont tout autant. « L'incivisme est l'irrespect du domaine public. Et ne pas respecter cet espace revient à ne pas respecter les autres », a jugé le maire de Cannes.

 

UNE CAUSE « ÉTHIQUE À MENER PARTOUT »

Sur le territoire cannois, l’incivisme – cause municipale du mandat ‑ se traduit par quelque 20 000 PV dressés en deux ans. Par la distribution de 20 000 cendriers de plages l’été dernier. Par la sensibilisation de près de 3 000 écoliers cannois. Par des campagnes de communication en français, anglais, italien, russe, arabe… « parce que nous verbalisons tout le monde indifféremment ». Par la création de l’application smartphone « Cannes Civique » qui replace le citoyen au centre de l’action…

« Je crois que la lutte contre l'incivisme est une cause éthique qu'il faut mener partout », a conclu David Lisnard. L’édile s’est montré d’autant plus convaincu qu’il s’agit « d’un combat que les maires de France peuvent mener, car ils en ont concrètement le pouvoir ». Un combat qui agit comme « un prisme qui rassemble les habitants autour d'un objectif commun, qui fera la bascule : de l'incivisme à la citoyenneté ».

 

« UN KIT MAINS LIBRES » DU MODÈLE CANNOIS POUR TOUTES LES COMMUNES DE FRANCE

Et c’est justement ce qui semble également faire mouche auprès des Maires de France : « La force du modèle cannois est de regrouper des moyens modernes de communication et l'esprit de civisme. En s'appropriant ce projet, les gens deviennent eux-mêmes des agents du service public. C'est spectaculaire », a commenté François Baroin.

Le président de l’AMF envisage la création « d’une sorte de kit mains libres afin que d’autres communes puissent adapter le modèle cannois, chacune à la mesure de ses moyens et de son territoire. Nous souhaitons réellement que le plus grand nombre de collectivités s'inspirent du modèle participatif créé par David Lisnard. »

Le Plan anti incivisme de Cannes a fait naître un plébiscite. Si des communes ont commencé à s’en inspirer (Paris, Nice, Ajaccio, Tourcoing, etc.), le modèle semble à l’aube d’une fabrication en série…