Finances : la Ville baisse ses dépenses et dépasse ses objectifs

Bilan d’une année écoulée et profil financier de la suivante. Le débat d’orientations budgétaires, présenté lundi soir en conseil municipal, a mis en exergue des résultats qui, loin de toute autosatisfaction, relèvent de la performance.

Le mieux n’est donc pas forcément l’ennemi du bien. Car à vouloir bien faire, la municipalité a réussi à faire mieux. Bien mieux. « Nous avons un excédent disponible de 24 millions d’euros. C’est plus élevé que l'année dernière. C’est plus élevé que nos prévisions budgétaires, a commenté le maire David Lisnard à l’occasion de ce débat qu’il a lui-même présenté. C’est réellement une très haute performance. »

 

Les contraintes de l'État s’alourdissent

Une prouesse chiffrée d’autant plus estimable que l’équation se complique un peu plus chaque année. Les contraintes imposées par l’Etat s’alourdissent. Entre la baisse de la dotation globale de fonctionnement (- 10 millions d’euros), l’augmentation des contributions réclamées à la commune (+ 10 millions d’euros) et de nouvelles charges imputées aux collectivités (+ 3,5 millions d’euros), ce sont près de 24 millions d’euros qui manquent dans les caisses de la Mairie. La situation financière s’est d’autant plus tendue que Cannes a subi une catastrophe naturelle le 3 octobre 2015, avec de lourdes conséquences matérielles et financières. Sur le coût estimé de ces inondations (40 millions d’euros) la commune a déjà dû dépenser plus de 5 millions d’euros sur l’exercice 2015.


Économies sur tous les fronts et pas d'augmentation des impôts communaux

Pas question, néanmoins, de faire payer l’addition aux Cannois. Point sur lequel David Lisnard ne transigera pas : « J'ai dit qu'on n’augmenterait pas les taux des impôts de la commune et je tiendrai cet engagement ». Pas la peine donc d’être expert financier pour réaliser la complexité de la partition budgétaire qui sera jouée en 2016. Et le premier magistrat a prévenu : « Nous allons continuer de serrer les boulons, à tous les étages. Nous allons amplifier notre politique de rigueur pour protéger les contribuables cannois et les générations futures. » Autrement dit, la Mairie de Cannes reste mobilisée sur le front des économies.

Depuis 2014, la municipalité multiplie les initiatives pour réduire l’ensemble de ses dépenses. Les frais de personnel affichent une baisse 1,3 million d’euros avec une réduction des effectifs de 73 agents. La chasse aux gaspillages porte ses fruits, à hauteur de 3 millions d’euros. Le parc de véhicules de la mairie a été diminué de 30 %. Enfin, dès que l’intérêt est réel, la commune n’hésite pas à reprendre en régie certains marchés, ou encore à mutualiser des services avec d’autres collectivités…  Au profit de gains de productivité.
Résultat : 24 millions d’euros économisés depuis 2014.


La dette communale en baisse historique

C’est avec la même rigueur que la municipalité s'est attaquée, dès son arrivée, à l’encours de la dette. Une « baisse historique » de 34 millions d’euros d’ici fin 2016, a confirmé le maire. Une gestion saine, et reconnue qui vaut d’ailleurs à la Ville de Cannes de recevoir encore le meilleure note possible pour une collectivité française par l’agence de notation Standard & Poor’s.


Investissement : on ne lâche rien

Une bonne nouvelle ne vient jamais seule, et c’est au chapitre des équipements et du mode de vie que les Cannois trouveront de quoi se réjouir. Car la commune poursuit son programme méthodique d’investissements structurants pour la ville, conformément au projet de mandat.
Au rang desquels on peut noter : le début de la construction de la nouvelle École des Broussailles (1,2 million d’euros), la poursuite du réaménagement du quartier République (1 million d’euros), de la piétonisation du Suquet (3,8 millions d’euros) ou du Suquet des Arts (800 000 euros), l’embellissement et la restructuration de l’avenue Picaud (2,3 millions d’euros), l’aménagement du groupe scolaire Bocca Parc (600 000 euros), la mise en œuvre de l’agenda d’accessibilité programmée (520 000 euros), la concrétisation du projet « Cannes, capitale des sports de plein air » (235 000 euros)…

Les engagements, à savoir 45 millions d’euros d’investissements, seront tenus en 2016, comme ils l’ont été en 2015. « Nous pouvons être ambitieux pour notre ville parce que nous sommes rigoureux ». Et David Lisnard de conclure le débat : « J'ai un document qui s'appelle "le projet de mandat" et, avec mes équipes, nous cochons tout ce que nous faisons, au fur et à mesure ».