Sécurité à Cannes : les stupéfiants dans le viseur

Les chiffres sont bons. Mais aborder la question de la sécurité ne se résume pas à étaler des statistiques. « Il est important de communiquer sur ce sujet, a précisé le maire de Cannes David Lisnard en préambule d’une conférence de presse conjointe, organisée ce mercredi, avec les polices nationale et municipale. Mais il faut le faire avec l’humilité de n’être qu’un maillon de la chaîne. »

Car si « les tendances sont très bonnes à Cannes, notamment sur les vols avec violence, les cambriolages ou encore les fraudes », de l’aveu du commissaire divisionnaire Philippe Jos, « l'insécurité renvoie toujours, et surtout, à des situations individuelles traumatisantes. Donc, pour parler clairement, nous n’en faisons jamais assez », a estimé le premier magistrat.

Éradiquer les trafics de proximité

Pour autant, le bilan des opérations 2015, jusqu’à janvier 2016, a montré l’ampleur des actions menées sur le terrain. Prioritairement dans la lutte contre les stupéfiants. « Il faut s'attaquer aux grands réseaux certes, mais aussi aux trafics de proximité. C'est le sens du travail engagé par la Mairie de Cannes et sa police municipale ». David Lisnard cible particulièrement les « petits » deals, capables de gangréner la vie de tout un quartier.

Point sur lequel il a été rejoint par les autorités de police nationale qui ont convenu de faire de « la lutte contre les stupéfiants », une action « prioritaire ». Avec « des effectifs renforcés », et l’assistance précieuse d’un chien de détection. Une mobilisation générale dont les agents de police municipale sont les premiers relais. Leur présence, renforcée dans tous les quartiers, a permis de mettre la main sur des quantités importantes de drogue. Et, surtout, de faire remonter des informations significatives dans le démantèlement de certains trafics.
Ainsi, en 2015, 16 affaires marquantes ont conduit à la saisie de 22 kg de cannabis, 2 kg d’herbe, 830 g de cocaïne et 53 000 euros en liquide. La lutte contre les stupéfiants a aussi débouché sur 432 interpellations, soit 2 fois plus qu’en 2014, 114 gardes à vues et 47 personnes déférées et écrouées. « Nous avons un bilan très positif avec, d’ailleurs, une grosse opération en cours ces derniers jours dans le centre de La Bocca qui a déjà donné lieu à une dizaine d’interpellations, après la découverte de plusieurs kilos de produits stupéfiants », a révélé le commissaire Jean-Robert Robin.

Opérations communes : ça marche

De même que les opérations communes (SLIC) polices nationale et municipale, réalisée à la demande de David Lisnard et placée sous l’autorité judiciaire du procureur de la République de Grasse, ont permis l’interpellation de 110 personnes. « Au cours de ces interventions, nous avons découvert de la drogue, notamment dans des établissement à République et obtenu ainsi trois fermetures administratives. C’est suffisant pour changer la vie d’un quartier. On l’a vu sur la rue Haddad Simon ».

Fin du squat et guerre aux outrages

Eradiquer le fléau de la drogue des quartiers de Cannes n’est pas le seul cheval de bataille du maire qui a réaffirmé, au passage, sa détermination aussi à « protéger les propriétés privées ». Comme l’ancienne maison du garde barrière de la gare des Bosquets à Cannes La Bocca, propriété de la SNCF, occupée de façon illicite depuis plusieurs mois. Et à l’origine de nombreux problèmes et plaintes du voisinage. David Lisnard, au terme d’une longue procédure qu’il a lui-même portée, a donc obtenu l'expulsion de ce squat et « l’assume totalement ».

Enfin, le maire a répété son intransigeance aussi à l’égard « des outrages à un détenteur de l'autorité publique. Je veux qu’ils soient systématiquement sanctionnés. C'est indispensable ! » Notamment envers les agents de la police municipale, placés en première ligne. Et qui, sur cette dernière année, ont réalisé près de 30 000 interventions. Et porté assistance à plus de 1 400 personnes. Si les statistiques, « montrent une baisse, confirme David Lisnard, nous ne faisons aucun satisfecit ».