Exercice attentat : un « + » pour Cannes

Une voiture piégée qui explose devant la Faculté des Métiers à Cannes La Bocca. Une attaque terroriste, avec prise d’otages, quasi simultanément dans le Palais des festivals et des congrès pendant la projection d’un film… C’est le scénario cauchemar qui a servi à l’exercice de simulation d’attentat terroriste jeudi matin à Cannes.

Fictif. Mais aux intonations détonations très réelles. Le volume des tirs en rafales et des sirènes, le déploiement hors-normes des forces de l’ordre, la réactivité des secours, le ballet des ambulances, l’attitude des terroristes… jusqu’à l’odeur de la poudre et l’évacuation des vrais-faux otages en lieux sûrs. Rien ne manquait à cet entrainement grandeur nature qui a mobilisé pas moins de 500 personnes : police municipale, police nationale (Raid et BRI, police judiciaire), gendarmerie, services d’incendie et de secours, protection civile, hôpital de Cannes et, bien sûr, Mairie de Cannes.

Pas de cause à effet avec le Festival

Si l’exercice a été réalisé à quelques semaines du 69e Festival de Cannes, il ne faut pas y voir « un lien de cause à effet. Il ne s’agissait pas, aujourd’hui, de résoudre la question purement cannoise », a plaidé le sous-préfet de Grasse. Pour autant, a convenu Philippe Castanet, « cet exercice permettra d’avoir ici, en cas de situation grave, une réponse de grande qualité. »

Pour le maire de Cannes, le bénéfice de cette simulation va effectivement bien plus loin. « Cet exercice intervient avant un événement majeur certes, mais son utilité sera permanente pour protéger les biens et les personnes, dans tous les quartiers, quel que soit le type d’attaque ». C’est d’ailleurs pour cette raison qu’en dehors du Palais, « un lieu exposé tout au long de l’année, j’ai insisté pour que soient intégrés des lieux de vie plus ordinaires, comme le Centre de Formation des Apprentis de Cannes La Bocca, dans le cadre d’une attaque multi-sites ».

Reportage vidéo

Le premier magistrat de la Ville, pas plus que ses voisins de tribune, n’a révélé, à l’occasion du débriefing post « faux attentat », les enseignements précis qui ressortent de cet entrainement, pour des raisons évidentes de sécurité.

L’édile cannois n’a toutefois pas caché sa satisfaction d’avoir obtenu de l’État cette simulation. D’abord parce qu’elle « s’inscrit dans la stratégie de prévention des risques majeurs mise en place par la Mairie de Cannes depuis plusieurs mois ». Après le lancement d’un audit, décidé en octobre, cet exercice in situ était « nécessaire pour vérifier la chaîne de commandement, la bonne coordination entre les services de l’État, et avec la collectivité, la fiabilité et la précision des informations transmises en situation, puis l’agilité dans l’action, le respect des protocoles… Ainsi que l’expérimentation de schémas tactiques d’interventions. »

Mieux connaître Cannes pour mieux intervenir

L’exercice offre également la possibilité aux équipes de terrain de se familiariser avec le site et d’acquérir une certaine connaissance du territoire cannois. « Et j’y tenais absolument, a insisté David Lisnard. Dans ma responsabilité de maire, c’est primordial ».

Tout comme la protection des écoles qui revêt une importance prioritaire. C’est pourquoi l’exercice de jeudi a éprouvé, aussi, les dispositifs de secours du lycée Carnot et de l’Institut Stanislas. « J’ai l’obsession des établissements scolaires », concède David Lisnard qui s’est, par ailleurs, engagé à « équiper de vidéosurveillance toutes les écoles de la ville, d’ici quelques semaines ».

Anticiper pour mieux gérer

Avec une gêne réduite à son maximum, malgré l’ampleur de l’opération, il semble que ce soit donc la Ville de Cannes qui tire un grand bénéfice de cette simulation. « Nous ne pouvons pas évacuer le risque, mais plus nous l’anticipons et plus nous en limitons la probabilité. Et mieux nous le gérons. »